Ce n’est pas un secret : Amazon vend un peu de tout, jusqu’aux articles les plus improbables. Si les internautes peuvent donc y trouver un certain nombre de curiosités plus ou moins étonnantes, les objets à connotation nazies figurent parmi les plus dérangeantes. Il y a quelques semaines, des organisations de surveillance avaient mis le doigt sur une activité que la plateforme n’aurait auparavant pas descellé.

Un catalogue envahi par les objets racistes

Ce ne serait pas un seul article aux détails nazis qu’Amazon aurait permis de commercialiser. Le Partnershipfor Working Families, avec le concours de l’Action Center on Race and Economy, aura constaté la présence de plusieurs goodies à tendance racistes et suprémacistes sur la plateforme. Dans le Delivering Hate, qui prend la forme d’un rapport élaboré par les deux entités, ces organismes avaient lancé un état des lieux du site de vente en ligne. Ce qui a été retenu est à la fois insolite et troublant : les produits concernés ne sont pas seulement les accessoires tels que les porte-clés ou les casquettes. Amazon aurait également hébergé un nombre impressionnant de livres, de jouets, ou d’objets décoratifs aux tendances racistes. Un livre en particulier a retenu l’attention, car il s’agit d’un ouvrage de référence en matière d’idéologie malsaine.

Disponible en format numérique et en imprimé, le fameux ouvrage ne serait pourtant qu’un titre parmi les centaines de références retrouvées sur le site. Au cours du mois de juin, plus de 7 groupuscules véhiculant haine et racisme y auraient été identifiés. Ces groupes, qui usent du service d’auto-publication de la plateforme, mettaient en ligne des livres numériques relatant leurs idéologies. Le site aurait ainsi été infesté par un nombre incroyable de titres hors-normes… sur lesquels Amazon prélevait tout de même un gain de 40% par vente. Parmi les produits incriminés, les analyses réalisées par les deux organismes ont aussi mis à jour des objets incitant à la violence, aux intolérances sexuelles et religieuses, ainsi qu’à la xénophobie.

Une négligence de la part d’Amazon ?

Une chose est certaine : le degré d’implication d’Amazon ne se limite pas à une diffusion passive de ces contenus. Le rapport met en évidence une forte négligence que la plateforme est tout de même parvenue à rentabiliser. Pour le délégué du Minnesota, il est impensable qu’une entreprise de cette ampleur puisse « alimenter matériellement » des modes de pensées aussi négatives. Sommant le patron d’Amazon de réagir rapidement, Keith Ellison parle du danger que de tels articles peuvent représenter pour les Etats-Unis.

Chez Amazon, les réactions n’ont pas tardé : le vice-président des relations publiques a affirmé que les conditions d’utilisation du site stipulent la nécessité du respect des lois locales, nationales et fédérales. Le groupe aura également communiqué le retrait des produits incriminés, rassurant les organisations, et accessoirement ses utilisateurs. Le géant de la vente en ligne a affirmé que les mécanismes mis en place permettent désormais de suivre des cas similaires de près, afin de supprimer rapidement les références aux contenus illégaux.