Les réseaux sociaux sont connus pour leurs effets qui peuvent être dévastateurs auprès des utilisateurs les plus sensibles. Aujourd’hui, les effets troubles de Snapchat créent la polémique. Jugés pervers et dangereux, les filtres de la plateforme d’échanges rapides inquiètent les professionnels de la santé.

Des effets sérieux et inquiétants ?

Le monde de la chirurgie esthétique américaine est ébranlé par un phénomène qui commence à être de plus en plus répandu : les jeunes utilisateurs de réseaux sociaux sont de plus en plus nombreux à idéaliser le physique qu’ils véhiculent sur ces plateformes, au point de vouloir ressembler… à leurs propres réflexions. Ces derniers ne sont cependant pas ceux qu’ils retrouveraient dans un miroir : il s’agit de réflexions déformées par des filtres, ces fameuses modifications instantanées qui permettent de « parfaire » un portrait.

Le phénomène est tel que les centres de chirurgie sont pris d’assaut par des adolescents, ou de jeunes adultes qui souhaitent obtenir cet aspect « photoshoppé » qu’ils retrouvent sur leurs propres clichés. Aujourd’hui considérés comme des normes, les clichés que les plus jeunes voient sur les réseaux sociaux exercent invariablement une forme de pression malsaine qui les pousse à vouloir un physique plus avantageux, proche de cet idéal qui n’a rien de réel.

L’idéalisation ne se limiterait pourtant pas à leurs clichés retouchés. Elle concernerait également les photos retouchées de leurs stars préférées. Plus d’un jeune qui se présente dans les centres de chirurgie souhaitent donc acquérir un physique qui n’a pourtant rien de réaliste. Ces versions retravaillées, qu’ils obtiennent grâce aux modifications proposées par Instagram ou encore par Snapchat, seraient loin d’être saines. En plus de fausser les attributs physiques, elles créeraient des attentes qui ne sont pas en phase avec la réalité.

Ce fantasme, duquel naît irrémédiablement une certaine forme d’insatisfaction, serait propice au développement d’un trouble de la personnalité. Ce mal a désormais un nom : appelé « Snapchat Dysmorphia », il serait à l’origine d’une obsession pathologique, menant les jeunes à se sentir laids ou contraires à leur vision de la beauté.

Entre comportements compulsifs et dépendance à la chirurgie

Les soins esthétiques ont ainsi trouvé de nouveaux adeptes qui ne sont jamais entièrement satisfaits des résultats qu’ils obtiennent. Ce comportement, qui devient rapidement compulsif, pousse cette nouvelle catégorie d’utilisateurs à des recours de plus en plus drastiques. Le phénomène prend l’ampleur d’une véritable tendance, qui touche autant les filles que les garçons. La dépendance à la chirurgie est réelle : les personnes qui souffrent de cette forme de dysmorphobie multiplieraient ainsi les consultations auprès des chirurgiens et autres dermatologues.

La tendance serait alarmante, car elle se répand de façon exponentielle, sans que les chirurgiens ne parviennent à convaincre leurs nouveaux patients de l’irréalité de ces clichés. La parade mise au point pour aider cette nouvelle vague d’accros à la chirurgie permet d’effacer tout recours chirurgical. Elle se concentre sur des traitements psychologiques devant inclure une approche empathique de la situation. Une approche qui serait donc bénéfique, car elle apprendrait à ces jeunes à retrouver confiance en eux.