L’éolien en mer toujours moins cher en Europe

Mois après mois l’éolien en mer voit ses prix sensiblement baisser en Europe, tirant les fruits de la multiplication des parcs construits ces dernières années, essentiellement en mer du Nord.

Avec plus de 12.000 mégawatts de projets éoliens en mer, l’Europe concentre plus de 90% de l’ensemble du parc mondial, et les principaux acteurs du secteur – développeurs de projets comme fabricants d’éoliennes – sont européens.

Lundi, l’éolien en mer a connu un nouveau record, cette fois au Royaume-Uni où le résultat d’enchères pour trois projets a fait ressortir des prix garantis inférieurs à 75 livres par mégawattheure (environ 82 euros).

Deux projets affichent même un prix de 57,5 livres/MWh (environ 63 euros), dont celui porté par le danois Dong Energy au large du Yorkshire, qui avec ses 1.386 MW est le plus grand parc en développement dans le monde.

Ces projets qui commenceront à générer de l’électricité d’ici 2023 «sont désormais 50% moins chers que lors de la première enchère tenue en 2015», a noté le ministère britannique de l’Energie.

«Ce sont des records pour le Royaume-Uni, mais cela s’inscrit dans une tendance plus longue», explique Pierre Tardieu, un des responsables de WindEurope, qui rassemble les industriels européens du secteur.

En juillet 2016, le danois Dong Energy frappait en effet un grand coup en prévoyant d’installer deux parcs au large des Pays-Bas à un prix inédit de 72,7 €/MWh.

Quatre mois plus tard, le suédois Vattenfall a fait tomber le prix sous la barre symbolique des 50 euros du MWh (hors coût du raccordement au réseau, qui représente 10 à 15% du prix), avant le coup de tonnerre d’avril dernier en Allemagne, quand trois projets, développés par Dong et l’allemand EnBW, ont été sélectionnés en affichant l’ambition de se passer totalement de subvention.

Ils vendront leur électricité au prix du marché lorsqu’ils entreront en service, normalement en 2024.

Ces résultats «montrent que l’éolien offshore est capable de s’adapter à des conditions techniques difficiles, à un prix de l’électricité bas, et cela sans prix du carbone pour l’instant», défend Matthieu Monnier, responsable pôle Industrie et Offshore à France énergie éolienne (FEE), l’association des entreprises françaises de l’éolien.

Il répond ainsi aux critiques de certains observateurs qui doutent de la capacité de l’éolien en mer, qui demande des investissements conséquents, à être un jour compétitif par rapport aux autres énergies.

 ‘Maturation’

Un faisceau de raisons explique ces baisses de coûts régulières: le coût du capital en baisse, des contrats de long terme pour la vente de l’électricité produite et «un phénomène de maturation de l’industrie avec une chaine logistique qui se met en place, des économies d’échelle et un phénomène d’apprentissage de la part des développeurs», avance M. Tardieu.

Certains ports, comme Green Port Hull au Royaume-Uni ou Ostende en Belgique se spécialisent ainsi dans les infrastructures pour l’éolien (sites de maintenance, de production de pâles, etc.).

Les coûts avancés pour ces projets restent toutefois conditionnés au développement encore à venir d’éoliennes de très grande puissance – autour de 13 à 15 mégawatts – contre au mieux 9 MW aujourd’hui, proposés par exemple par Vestas.

Pour continuer sur cette tendance, les acteurs plaident donc pour un rythme soutenu de projets, de 4.000 à 7.000 nouveaux mégawatts par an, contre environ 3.500 prévus cette année.

«On a une incertitude pour la période après 2021» sur les intentions de certains pays, s’inquiète ainsi Pierre Tardieu de WindEurope, les Etats gardant la main sur les appels d’offres.

En France par exemple, aucun des six parcs attribués depuis 2012 n’a encore vu le jour. Et un seul un nouvel appel d’offres est en cours, dont le lauréat doit être désigné l’an prochain.

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