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JO-2018: douche froide pour Worley en géant, Shiffrin débute sa moisson

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Written by Magalie Leduc

Enorme déception: Tessa Worley, l’une des grandes favorites du géant dames, a raté son grand rendez-vous olympique jeudi et n’a terminé que 7e d’une course remportée logiquement par la prodige américaine Mikaela Shiffrin qui a magistralement ouvert son compteur à Pyeongchang.

Double championne du monde (2013, 2017) et tenante du petit Globe de cristal de la spécialité, la Haut-Savoyarde nourrissait de grandes ambitions pour ces JO et rêvait de rejoindre Marielle Goitschel, seule Française sacrée aux JO en slalom géant en 1964, dans le livre d’or du ski tricolore. Las, une première manche totalement manquée a ruiné tous ses espoirs, laissant le beau rôle à une Shiffrin qui n’en demandait pas tant et qui a été couronnée devant la Norvégienne Ragnhild Mowinckel (+0.39) et l’Italienne Federica Brignone (+0.46).

Décidément, les Jeux se refusent à Worley. Gravement blessée à un genou, elle avait dû renoncer la mort dans l’âme à ceux de Sotchi en 2014, un an après son premier titre mondial. Cette année, ce n’est pas son corps qui l’a trahie mais une fin de première manche catastrophique qui l’a d’emblée reléguée à la 14e place, à 1 sec 44 de la tête. Un condensé d’une saison en dents de scie marquée par des démarrages poussifs, avec un seul succès au compteur, à Lenzerheide (Suisse), le 28 janvier juste avant le départ pour Pyeongchang.

‘Hyper déçue’

Contrairement aux Mondiaux-2011 à Garmisch-Partenkirchen où elle était parvenue à glaner une médaille de bronze malgré un retard de 2 sec 12 sur la tête à l’issue de la première manche, le miracle ne s’est pas reproduit malgré une seconde manche aboutie. Il faut dire que le beau temps, de retour sur Pyeongchang après plusieurs jours de froid glacial et de vent ayant entraîné le report de trois épreuves (descente messieurs, géant et slalom dames), n’a paradoxalement pas réussi à la Française de 28 ans.

Partie avant les meilleures en 2011, Worley avait profité sous la grisaille de Garmisch d’une piste qui s’était dégradée par la suite pour ses rivales. Le grand soleil qui a baigné jeudi le site de Yongpyong ne l’a cette fois pas franchement aidée. «Je suis triste, je suis hyper déçue, a-t-elle déclaré à l’arrivée. Un scénario comme ça qui arrive ce jour-là, c’est tellement dommage. Je vois que je passe à côté d’un rêve. C’est sûr que c’est quelque chose qui fait rêver de voir les trois filles qui lèvent les bras dans l’aire d’arrivée à la fin de la course. Mais en même temps, je n’ai pas fait ce qu’il fallait, donc je ne méritais pas non plus d’y être aujourd’hui.»

Détresse

«Il m’en a manqué un petit peu et cette erreur en première manche, ça me coûte trop cher, a-t-elle ajouté. Après, j’ai su réagir, je sais que j’ai le caractère, mais aujourd’hui ça ne suffit pas.» Signe de sa détresse, la Française a fondu en larmes dans les bras de ses entraîneurs, bien consciente d’être peut-être passée à côté de la chance de sa vie aux JO.

La tristesse de Worley contrastait forcément avec le sourire de Shiffrin. La skieuse de Vail (Colorado), qui convoite quatre médailles d’or à Pyeongchang, en a déjà obtenu une et lance ainsi parfaitement ses Jeux avant de poursuivre son formidable pari avec deux autres courses ces deux prochains jours: le slalom vendredi puis le super-G samedi. Il lui restera ensuite le super-combiné à conquérir, le 23 février, pour éventuellement marquer l’Histoire. «C’est très bien de savoir que, quoi que je fasse par la suite, je repartirai de ces Jeux avec quelque chose, a-t-elle expliqué. Je savais en arrivant que j’étais capable de ramener des médailles sur différentes disciplines, mais je savais aussi que je pourrais ne rien gagner. Là, j’ai déjà quelque chose, c’est super et je peux désormais skier pour moi-même, sans pression.»

Boulimique durant tout l’hiver avec dix victoires en Coupe du monde, l’Américaine de 22 ans avait connu un gros creux en janvier. Mais elle s’est ressaisie au meilleur moment pour ajouter un deuxième succès aux JO à son palmarès après celui de Sotchi (slalom). Sa moisson n’est sans doute pas terminée.

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Magalie Leduc

Professeur de français, je suis également rédactrice pour Hyperconnectes.fr. J'écris principalement pour la partie économique qui m'intéresse particulièrement, mais il m'arrive aussi de poster sur d'autres sujets au gré de mes envies.

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