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Japon: Airbnb contraint de réduire drastiquement le nombre d’annonces

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Written by Paul Laurent

La plateforme de location touristique Airbnb a suspendu une grande majorité de ses annonces au Japon, faute de conformité à une nouvelle loi qui entre en vigueur la semaine prochaine dans le but d’encadrer le secteur.

Pour continuer de louer leur bien sous forme saisonnière au-delà du 15 juin, les hôtes doivent enregistrer leur logement auprès des autorités, une procédure fastidieuse que beaucoup n’ont pas pu mener à bien.

«Ce week-end, nous avons contacté ceux qui n’avaient pas encore obtenu leur numéro de notification pour leur faire savoir qu’ils ne pourront pas accepter de nouvelles réservations sans celui-ci», a expliqué mercredi à l’AFP Jake Wilczynski, porte-parole d’Airbnb pour la région Asie-Pacifique.

«Nous avons informé ces hôtes que nous sommes en train de désactiver la possibilité pour eux de louer des hébergements», a-t-il ajouté.

Le représentant d’Airbnb a refusé de donner le nombre d’utilisateurs affectés, mais les médias locaux rapportent qu’environ 80% des plus de 60.000 logements enregistrés sont concernés.

Officiellement, M. Wilczynski se veut rassurant, affirmant que de nombreux hôtes ont déjà pu effectuer les démarches nécessaires et que d’autres sont en train d’achever le processus. «Nous sommes en bonne voie pour enregistrer des dizaines de milliers de nouvelles annonces au Japon dans les mois à venir», dit-il.

Les différentes plateformes avaient précédemment salué cette loi, y voyant une clarification bienvenue dans un secteur qui s’est développé jusqu’ici dans une zone grise juridique. D’autant que le nombre de touristes ne cesse d’augmenter dans l’archipel, qui veut attirer 40 millions de visiteurs étrangers en 2020, année où Tokyo organisera les Jeux olympiques, contre près de 29 millions en 2017.

Mais certains hôtes ont fait part de leurs inquiétudes face aux exigences de la nouvelle législation. «Le processus d’enregistrement est un casse-tête», confie l’un d’entre eux, Ben (qui ne souhaite pas donner son nom de famille). «Je suis découragé et j’envisage de renoncer», lance cet habitué d’Airbnb, qui loue un appartement à Tokyo.

Outre ces lourdes démarches administratives, la loi impose diverses restrictions: elle limite notamment la durée cumulée de location à 180 nuitées par an par logement, et autorise les autorités locales à promulguer en sus des décrets restreignant le cadre légal.

La ville de Kyoto a ainsi décidé qu’elle n’autoriserait les locations de ce type dans les zones résidentielles qu’entre mi-janvier et mi-mars, c’est-à-dire hors saison touristique. A Tokyo, de nombreux arrondissements, comme celui de Shinjuku, ont aussi pris des mesures (jours ou zones géographiques interdits).

Les autorités ont défendu mercredi ces nouvelles règles qui visent à «favoriser une croissance saine» du secteur, a expliqué un responsable de l’Agence de tourisme, Soichi Taguchi, contacté par l’AFP.

«Environ 80% des +minpaku+ (locations de court terme) sont illégales, d’après un sondage du ministère du Travail», insiste-t-il. «Nous ne pouvons pas laisser ces activités illégales continuer».

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Paul Laurent

Rédacteur en chef du site Hyperconnectes.fr spécialiste de l'économie, il est passionné par l'économie et les nouvelles technologies. Il publie des actualités liées à l'économie, la finance et les technologies.