Altice a un «problème de modèle», selon le PDG d’Orange

Le patron du géant français des télécoms Orange Stéphane Richard a estimé dimanche que son concurrent Altice avait un «problème de méthode», alors que le propriétaire de l’opérateur SFR est en pleine tourmente sur fond d’inquiétudes croissantes sur sa dette.

«Il y a un problème de modèle. On ne peut pas tout faire, on ne peut pas investir massivement dans la fibre optique et investir massivement dans les contenus», a affirmé M. Richard, au cours de l’émission «Le Grand Jury» sur RTL-LCI-Le Figaro.

M. Drahi, avec son carré de fidèles, a repris jeudi soir les commandes du groupe de médias et de télécoms dont il est le principal actionnaire, très chahuté en bourse.

Avec le départ du directeur général d’Altice Michel Combes qui suit celui, intervenu il y a deux mois, du directeur général de SFR Michel Paulin, ce sont deux spécialistes des télécoms qui sont mis sur la touche. M. Paulin a été remplacé à la tête de SFR par un homme des médias, Alain Weill, alors que l’opérateur est en pleine restructuration avec un plan de départs volontaires concernant 5.000 salariés.

«Je ne veux pas jouer un peu les Cassandre, franchement j’ai des doutes sur le modèle, parce que le modèle financier est difficilement soutenable tel qu’il est aujourd’hui. Il supposerait qu’il y ait effectivement des performances opérationnelles, qui aujourd’hui ne sont pas tout à fait au rendez-vous», a poursuivi M. Richard.

«Qu’est-ce qui fait qu’une entreprise marche? C’est une stratégie un peu constante, c’est une stabilité managériale (…), ce sont des équipes motivées (…) Où sont tous ces critères de succès chez Altice ? C’est ça la question», a-t-il encore dit.

Altice a annoncé le 2 novembre avoir subi une baisse de son chiffre d’affaires en France et aux Etats-Unis, ce qui a été mal accueilli par les investisseurs. L’importante dette d’Altice inquiète également, même si elle est restée stable au troisième trimestre, à 51 milliards d’euros.

La cause de ces difficultés est un sous-investissement dans les réseaux avant le rachat de SFR, qui oblige l’opérateur à surinvestir pour rattraper son retard en termes de qualité de réseau, annulant en partie les effets des importantes réductions de coût mises en place.

Interrogé sur la consolidation du secteur, partagé entre quatre grands opérateurs (Orange, Bouygues Telecom, SFR et Free), Stéphane Richard a estimé que ce sujet «n’était pas à l’ordre du jour».

L’an passé, Orange avait tenté de racheter Bouygues Telecom qui avait fini par jeter l’éponge, estimant l’opération trop risquée.

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